Le Vietnam compte 54 minorités ethniques vivant de manière éparpillée dans tout le pays, notamment dans les montagnes du nord et dans les plateaux centraux. Ces groupes font partie du patrimoine du pays. La découverte de certains villages des minorités ethniques nous intéresse beaucoup.

Après avoir visité la région de Pleiku, nous sommes retournés à Kon Tum afin d’y découvrir davantage les villages de minorités ethniques aux alentours.

Nous avons fait appel à Highland Eco Tours, une agence de voyage basée à Kon Tum qui est spécialisée dans ce domaine. Vous avez plusieurs possibilités de découverte et de visite. Personnellement, nous avons opté pour une randonnée autour des villages de minorités ethniques à Kon Tum.

Notre tour a duré trois jours. La randonnée dans les forêts s’est effectuée lors des deux premiers jours. Le dernier jour consiste en une visite de deux ethnies majoritaires dans cette région: Bahnar et Jaraï.

Randonnée autour de Kon Kotu

Premier aperçu des villages

Nous avons pris le chemin en direction du village de Kon Kotu en passant par le pont suspendu de Konklor. Sur le chemin, on peut voir beaucoup de culture d’herbes aromatiques et de légumes.

Arrivant au village de Kon Kotu, nous avons aperçu la toiture très haute d’une maison traditionnelle « Rong » du village. A rappeler que la taille et l’apparence de la maison communale représente la richesse de chaque village des minorités ethniques. La maison est le lieu de réunion de tous les villageois, le lieu des cérémonies communes dans le village.

maison traditionnelle Rong des minorités ethniques
C’est de la toiture !
ossature d'une maison traditionnelle
C’est un travail de préparation de longue haleine

A Kon Kotu vivent les tribus de Bahnar. C’est surprenant de voir une autre vie plutôt pauvre et précaire se trouvant juste à côté de la ville remplie de modernité.

Les maisons des tribus Bahnar sont construites sur pilotis afin d’éviter les tempêtes ou typhons ainsi que les visiteurs indésirables tels que les serpents ou d’autres animaux de la forêt.

Nous sommes logés dans une maison traditionnelle des Bahnar. La température descendait très vite lors de la tombée de la nuit. Nous avons dû mettre chacun trois couvertures pour passer la nuit.

minorité ethnique Bahnar
C’était notre lit pendant quelques jours

Sachant que vous êtes déconnectés pendant votre séjour là bas. Cela nous a fait bizarre de ne pas voir aucun réseau Wifi détecté sur les téléphones. Bon cela fait du bien d’être déconnecté de l’internet, de Facebook et de tous les réseaux sociaux. Les habitants se couchent donc très tôt pour pouvoir se lever au bon matin.

minorités ethniques
C’est rare de voir les activités physiques comme ça au Vietnam

Du coup, vers 5h du matin nous sommes réveillés par le chant des coqs et par l’amusement des enfants.

Les enfants déconnectés de tous les écrans et s'amusent

Les plantations se répandent partout

Après avoir pris le petit-déjeuner, nous avons enfourché nos chaussures pour une autre randonnée.

Honnêtement, la randonnée elle-même n’était pas extraordinaire car nous avons dû traverser des passages très difficiles. Le paysage n’était pas à tomber par terre. Ce n’était pas non plus la saison du riz donc les rizières étaient toutes sèches.

Nous avons vu beaucoup de plantations d’hévéas, de bananiers et de maniocs. C’est triste de voir ces forêts dévastées pour ces plantations sans qu’il n’y ait un plan de gestion.

Villages des minorités ethniques

Le dernier jour du tour consiste à visiter les tribus en scooter. Le matin nous sommes allés dans un village de Jaraï qui se trouve environ 20 kilomètres de Kon Tum. Les Bahnar en revanche vivent très proche de la ville de Kon Tum.

Petites filles Bahnar

Jaraï

Les Jaraï sont pour la plupart animistes et ont une tradition matrilinéaire. C’est à dire que ce sont les femmes qui choisissent les prétendants, les enfants portent le nom de la mère.

Quant à la langue, ils ont leur propre langue appartenant à la branche malayo-polynésienne. Les jeunes apprennent également le vietnamien à l’école. Les plus âgés pour la majorité ne parlent pas le vietnamien.

minorités ethniques
Une maison des Jaraï

Les Jaraï vivent entre eux et sont assez distants avec les « étrangers ». Ils se marient entre eux. Ils organisent de manière régulière des fêtes et cérémonies de sacrifices de poulets, de vaches ainsi que de buffles lors des naissances, des funérailles, des vœux de pluie, des vœux de santé quand un membre de la famille est malade.

Très différents des Bahnar, les Jaraï ont des coutumes et rituels particuliers liés aux morts. Ils considèrent que les morts « vivent » tout de même. C’est pour cette raison qu’ils vont voir les tombeaux quasiment tous les jours pendant la première année après la mort. Durant cette période, ils emmènent l’alcool de riz aux tombeaux et parlent avec des esprits.

Après cette période, vient l’abandon des morts. Cela semble assez extrémiste mais c’est vrai. La cérémonie de l’abandon dure en général trois jours. C’est l’occasion de tuer de nouveau des animaux pour les sacrifices afin d’apaiser les esprits. Ils font également des statues en bois autour des tombeaux.

Bahnar

Comme les Jaraï, les Bahnar sont aussi animistes. En revanche, ils n’ont pas de culture matrilinéaire.

Les Bahnar sont plus ouverts que les Jaraï à propos des autres tribus. Ils font moins de cérémonies de sacrifices et boivent moins d’alcool de riz.

C’est impressionnant de voir la taille des églises dans ces villages

Les maisons des Bahnar restent plus traditionnelles. Elles sont construites en général à base de bois. Nous avons trouvé des maisons très anciennes qui sont faites de torchis.

Une maison des Bahnar faite avec du torchis

La langue des Bahnar appartient à la branche môn-khmer.

Concernant les morts, les Bahnar ne les abandonnent pas. A contrario, ils considèrent que les esprits  des morts restent toujours avec des vivants. Ils construisent une hutte au dessus des tombes pour stocker les vêtements ainsi que des objets pour les esprits.

Notre sentiment

Nous avons beaucoup apprécié la visite des tribus le dernier jour de notre tour. La randonnée ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Mais si vous le faîtes en bonne saison, cela pourrait être sympathique de voir la jolie couleur des rizières. Ensuite, vous pouvez demander au guide de vous emmener par de faciles sentiers. Nous avons choisi les itinéraires les plus durs.

Le guide voulait nous emmener initialement voir les tribus vivant sur la route 24. Mais étant donné que nous prenons cette route dans notre périple à vélo, nous ne l’avons pas fait avec eux. Demandez à ce qu’ils vous emmènent voir les tribus par cette route car le chemin est scénique et joli. P.S: nous n’avons pas pu beaucoup apprécier le début de la route 24 à cause du vent et de la météo peu favorable.

 

 

2 Commentaires

  1. J’aurais tendance à ne visiter que les minorités pendant 3 jours Je ne sais pas si c’est possible et en quelle saison c’est le mieux Comment aller en bus ,d’où à où,pour participer à ces visites de minorités L’anglais ou le français du guide est-il compréhensible Il reste que ces minorités si différentes si proches les unes des autres , c’est très intéressant, à condition d’avoir un minimum de renseignements sur chacune d’entre elles Avez-vous pu acheter des souvenirs(statuettes ou autres choses)?

    • La randonnée en montagne n’a présenté guère d’intérêts. En revanche, la visite des tribus était très intéressante et enrichissante comme évoqué. Tu peux te déplacer en bus en provenance de Danang. Pour être franche, l’anglais du guide ressemble au français d’une vache espagnole, hihi. Peut-être le français serait mieux. Concernant les souvenirs, on n’a rien acheté car pas trop de place sur les vélos

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